En cinq ans, DIGIPAY Group est devenu un acteur incontournable des paiements entre l’Afrique et l’Europe. Partenariats stratégiques, lancement de DigiTransfer et filiale au Canada : la fintech accélère.
Un acteur incontournable des transferts diaspora-Afrique
Un chiffre résume l’ampleur du phénomène : 905 milliards de dollars échangés mondialement en 2024 par les diasporas, un flux qui dépasse désormais l’aide publique au développement. C’est dans cet écosystème que DIGIPAY Group a taillé sa place.
Derrière DIGIPAY, il y a Gachlem Ngassaki-Zoni, vingt ans dans les télécoms africaines et une conviction chevillée au corps : le vrai moteur du développement du continent, c’est la connexion financière. Actuellement, sa fintech traite plus de 300 000 transactions par mois, pour un volume de 250 millions de dollars acheminés vers la seule RDC (République Démocratique du Congo) en 2025.
Sa mission : permettre à la diaspora d’envoyer de l’argent vers l’Afrique instantanément, là où les opérateurs traditionnels imposent des délais de plusieurs jours et des commissions pouvant atteindre 15 % du montant transféré. « L’inclusion financière est un véritable levier d’émancipation », rappelle Gachlem Ngassaki-Zoni, qui a saisi l’opportunité de la crise Covid pour accélérer la digitalisation des flux à un moment où les agences physiques fermaient les unes après les autres.
Les partenariats, moteur d’une expansion sans frontières
Pour couvrir plus de 50 corridors de paiement sur les 5 continents, sans se disperser, DIGIPAY a fait le choix délibéré des alliances stratégiques plutôt que de la croissance organique. « C’est comme une banque qui se greffe au réseau SWIFT, explique Gachlem Ngassaki-Zoni. Nous faisons pareil. » Thunes, son partenaire principal, lui sert de passerelle pour dénouer des transactions sur les comptes bancaires de la zone euro en temps réel. TerraPay et OnAfriq couvrent d’autres corridors. Triple-A gère les transferts en stablecoins. La relation n’est jamais à sens unique : DIGIPAY sert lui-même de relais à Thunes pour les paiements vers les comptes mobiles en RDC. « On est dans un écosystème où tout le monde a besoin de tout le monde. »
C’est dans cette logique que s’inscrit le partenariat avec Belmoney, fintech belge agréée par la Banque nationale de Belgique et premier fournisseur de Remittance-as-a-Service (RaaS) en Europe. Grâce à sa licence « plug and play », DIGIPAY a lancé DigiTransfer, son application mobile de transfert depuis la France et la Belgique vers la République du Congo et la RDC, en moins de six mois, sous sa propre marque, sans immatriculer de société ni solliciter d’agrément national. « En autonomie, il aurait fallu compter trois à cinq ans », souligne Gachlem Ngassaki-Zoni.
L’application permet d’envoyer de l’argent par carte Visa ou Mastercard vers des comptes mobiles ou bancaires en Afrique centrale en moins de cinq minutes. Pour amorcer l’adoption, DIGIPAY a opté pour une approche offensive : les transferts sont gratuits pendant trois mois, une période susceptible d’être étendue jusqu’à neuf mois. Passé cette phase, la promesse tarifaire reste ambitieuse face aux 7 à 15 % prélevés par les opérateurs historiques : DIGIPAY vise moins de 4,5 % sur ses corridors.
À l’horizon 2027, DigiTransfer doit s’étendre au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, à l’Allemagne, à l’Espagne, au Portugal et à la Suisse. Mais cette expansion européenne, aussi structurante soit-elle, n’est pour Gachlem Ngassaki-Zoni qu’une étape vers un objectif plus vaste.
Le Canada, hub d’un empire en construction
Le mouvement le plus significatif de cette séquence d’expansion se joue à l’autre bout de l’Atlantique. DIGIPAY ouvrira une filiale au Canada – un pays reconnu pour son ouverture au secteur des fintechs et son dynamisme dans le domaine – dès le quatrième trimestre 2026, avec des bureaux physiques et une équipe sur place.
La structure canadienne sera entièrement autonome : les agréments du très rigoureux régulateur canadien FINTRAC (CANAFE en français) et de la Banque du Canada, obtenus par DIGIPAY en moins de six mois, couvrent un spectre complet de services, paiements domestiques et internationaux, change, stablecoins. « C’est tout le panel de services d’une néobanque », résume Gachlem Ngassaki-Zoni.
L’enjeu dépasse largement la diaspora congolaise installée au Canada : la licence ouvre un accès direct au switch SEPA, mais aussi aux marchés américain, latino-américain et asiatique. Aujourd’hui, chaque transaction acheminée cède entre 10 et 30 % de marge à l’intermédiaire.
DIGIPAY pourra ainsi s’affranchir de ces intermédiaires là où il disposera de connexions directes. Une perspective d’autant plus crédible que la fintech traite déjà 300 000 transactions mensuelles pour le compte des acteurs majeurs du secteur.
C’est depuis le Canada que DIGIPAY entend poursuivre son ambition : devenir une néobanque panafricaine proposant dépôts, épargne et crédit, dont chaque service sera rodé avant d’essaimer sur le continent africain.
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